Véronique Duchemin

Après avoir dégusté une pizza à l’Abricotier, en remontant la rue du Relais Postal, avec Marie nous nous arrêtons à la vitrine d’une boutique que nous avons dans l’idée de voir depuis quelques temps déjà : La Galerie Du Chemin. C’est vrai que sa devanture est particulièrement attrayante.

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A peine rentrés nous sentons des regards sur nous, comme si nous étions observés. En fin de compte ce ne sont que des fillettes en céramique qui se trouvent juste à côté de nous. Elles ont des regards incroyables qui nous transpercent et elles dégagent vraiment quelque chose d’humain.

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Véronique Duchemin arrive à ce moment-là en nous souhaitant la bienvenue, et la discussion commence alors. Notre céramiste a commencé son art à l’âge de 17 ans seulement, n’ayant pas son diplôme elle a décidé de partir faire le tour de la France chez différents potiers, en quête de savoir-faire et d’expériences. Cela fait maintenant 26 ans qu’elle tient sa boutique à La Gacilly et elle remercie énormément Mr Yves Rocher pour cette opportunité qui lui a été offerte. La famille Rocher a fait beaucoup pour elle, et pour les artisans en général, sans eux elle ne serait pas là maintenant.

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Faisant face à une clientèle très exigeante sur la qualité, le renouveau ou la modernité, Véronique s’est remis plusieurs fois en question et cela lui a permis d’évoluer, de perdurer et de répondre aux attentes des clients. Notre céramiste travaille aussi en collectif. C’est-à-dire qu’elle expose divers artisans qu’elle choisit au préalable, ces artisans sont renouvelés tous les deux ans, toujours dans une question de nouveauté. Les œuvres présentes dans sa boutique sont donc installées par artisans, ce qui fait plusieurs univers différents. On trouve des sculptures, des bijoux, de l’utilitaire, du décoratif, du grès, de la faïence, de la porcelaine et du raku : la céramique dans toute sa richesse et sa diversité.

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IMG_2989Ce qui m’a beaucoup plu dans cette boutique c’est la diversité des créations, et c’est bien ce que Véronique recherche. Changeant régulièrement l’agencement de sa boutique, la présentation des œuvres est très importante pour elle.

« Essayer de susciter des émotions à travers ce que l’on a vécu »

Après avoir fait le tour de la boutique nous retombons nez-à-nez avec les fillettes du début. La collection s’appelle en fait, « Les gamines » et Véronique vient à peine de la commencer. En effet, après s’être attaqué depuis des années à la céramique, au raku et au grès, elle se lance maintenant dans la sculpture. Ces petites gamines au regard perturbant viennent de l’univers favori de notre artisane : l’enfantin. Ce qui plait à Véronique dans son métier c’est de pouvoir faire ce qu’elle souhaite, et aujourd’hui c’est faire des sculptures, en particulier ces gamines.

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Ces œuvres sont troublantes, elles dégagent quelque chose de fort, et laissent transparaitre les émotions que l’artiste leur a données. Il y a celles avec un grand sourire, celles un peu étonnées, celles plus mélancoliques … Elles sont le reflet de notre enfance.

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A la fin de notre visite, nous avons la chance d’assister à une démonstration. Véronique façonne alors une tête de petite fille. C’est assez drôle de voir l’évolution du visage qui part d’une boule de terre. Très perfectionniste, elle n’hésite pas à recommencer le nombre de fois qu’il faut pour atteindre l’émotion souhaitée. C’est à notre tour d’essayer, et nous retrouvons nos sensations d’enfant quand nous étions amenés à exprimer maladroitement notre créativité . En effet ce n’est pas si facile que ça en a l’air, mais c’est très amusant !

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Avant de partir, Véronique nous a gentiment dit de repasser à sa boutique pour venir chercher notre visage qu’elle aura cuit.

Victor

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Yvon Lecomte

 

En pleine visite au cœur de la Gacilly, en quête de clichés colorés pour animer notre blog, nous passons dans la rue Saint Vincent, emblématique puisque ici est né Yves Rocher ! Nous passons devant la boutique d’Yvon Le Comte, un des artisans les plus anciens de La Gacilly que nous n’avons pas encore rencontré. On se met d’accord pour y entrer et on pousse la petite porte rouge de sa boutique.

Installé depuis 1975, il est aujourd’hui à la retraite mais continue d’exercer son métier par plaisir.

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A l’origine, il est fileur de verre. Ce métier il l’a exercé pendant 37 ans, puis en 2000 il y a mis un terme lors de son départ à la retraite. Il s’est alors découvert une passion pour la terre. Mettre un terme au verre est un grand mot puisque qu’il a eu l’idée d’associer sa connaissance du verre dans la terre pour la création de ses oeuvres.

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En 41 ans à La Gacilly, il a fait des rencontres. Sa passion pour la terre est née de sa découverte de l’atelier de Véronique Duchemin, céramiste à La Gacilly. Mais c’est en autodidacte qu’il s’est formé principalement à la sculpture. C’est grâce à sa notion des formes à travers le verre qu’il a appris très vite. Il nous explique que le verre nécessite beaucoup d’années de métier et de pratique. Il est indispensable de maitriser un bon tour de main tandis que la terre est plus facile à pratiquer, elle est plus stable nous dit-il.

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Ce qui fait l’originalité d’Yvon c’est comme je l’ai dit un peu plus haut, d’allier terre et verre. C’est sa marque de fabrique. D’ailleurs, il en est le précurseur, il a été le premier à créer des œuvres mêlant la terre et le verre. Il nous apprend que le verre donne de la légèreté à la terre et la terre met en valeur le verre.

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C’est tout un art ! Nous sommes impressionnés par ses sculptures et nous constatons qu’il manque quelques pièces sur les présentoirs, elles ont été vendues. Ses pièces sont uniques et empreintes d’une originalité sans faille, nous ne restons pas insensibles face à ses créations associant les deux matières.

 

« Souvent les choses viennent par hasard »

 

Pour lui c’est un heureux hasard s’il s’est retrouvé chez la céramiste Véronique Duchemin. Il a commencé par faire un poisson en terre et les arrêtes en verre. D’ailleurs, le domaine animalier est très présent dans le verre, il a continué dans cette voie et associe aujourd’hui l’humain et l’animal dans certaines de ses créations.

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Il faut savoir qu’Yvon ne prend pas de commande. A la retraite, il travaille selon ses envies, il ne fait jamais rien à contre cœur.

 

 « J’ai eu la chance de venir à La Gacilly, d’y vivre, d’avoir un métier que j’aime. Ce qui est important c’est la qualité de vie. J’ai eu la chance de ne jamais travailler ».

Il n’a pas de démarche particulière et travaille selon son ressenti. Durant notre passage, nous avons l’opportunité de le voir travailler sur une œuvre qu’il prépare dans le cadre du festival photo. Il nous explique qu’il s’inspire de l’Art japonais et des arts martiaux pour créer un personnage en action. Il a prévu de réaliser un sabre en verre pour l’incorporer à sa création. Nous avons déjà hâte de voir le résultat final et nous nous attardons dans la boutique pour contempler ses oeuvres.

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Nous remercions Yvon pour sa générosité et ses explications qui nous ont beaucoup intéressées. Il est un de nos coups de cœur avec ses créations originales ! Victor et moi nous espérons que nous pourrons un jour acheter une de ses créations ! 😉

Marie

Chamming’s

Pour continuer notre petite aventure, nous nous rendons dans l’atelier de l’impressionnant Chamming’s. Sculpteur depuis maintenant 32 ans, il ne considère pas son art comme un métier, mais plutôt comme une passion, un engagement.

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Si il est à présent à La Gacilly, pour lui ça sonne comme une évidence, son atelier était fait pour lui. Il nous raconte qu’il a trouvé à La Gacilly, quelque chose qu’il n’avait jamais rencontré ailleurs. Il a fait de très belles rencontres, et nous a parlé de Dom avec qui l’échange est fort. Le village de La Gacilly est pour lui une façon de « souffler » après un long parcours d’exposition qui est assez fatiguant.
Cette année le thème du festival photo est le Japon, et pour l’occasion Chamming’s sculpte une tête de Samouraï géante.

Notre sculpteur n’a reçu aucune formation pour en arriver là. Il a sculpté sa première pièce lorsqu’il avait seulement 13 ans et est autodidacte. Il a appris tout seul la sculpture sur marbre, bois et grès. Il nous a confié qu’avec ses 32 ans d’expérience il continue à apprendre de ses stagiaires. Effectivement, le fait de répéter les mêmes gestes selon les différents stagiaires lui a permis d’acquérir une capacité d’adaptation. Chamming’s se dit « boulimique » dans le sens où dès qu’il finit une œuvre il ne peut s’empêcher de penser à la prochaine et n’appréciera ses pièces qu’une fois exposées.

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« Si je ne sculpte pas, je meurs »


 

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Chamming’s nous confie aussi qu’il fait tout le temps face à des moments constant de recherche. La sculpture est un art très exigeant, où l’on se doit de visionner la pièce en 3D et sous 360°. Pour lui ce sont les 80 premières années les plus dures après ça va tout seul, (pour vous dire à quel point ce n’est pas évident…). Ce qu’il aime dans son art c’est cet éternel recommencement, chaque œuvre devant être vraie et dégager quelque chose de puissant.

 

Ses inspirations lui viennent de ses voyages qu’il a pu faire tout au long de sa vie. Sa terre de prédilection est l’Afrique. Il s’inspire aussi de l’approche sculpturale et de la façon de penser d’Henry Moore. Il possède deux collections qui le représentent lui et ses inspirations. « Terre d’ailleurs » est la collection qui retrace ses voyages au Kenya et en Amérique Indienne, tandis que « Corps d’ailleurs » représente le corps féminin où se mêle élégance et fierté.

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Lors de cet entretien avec Chamming’s, nous avons beaucoup appris. C’est un homme très impressionnant, très intéressant et énormément passionné par ce qu’il fait.  Nous lui demandons si il a une œuvre qu’il préfère particulièrement, et nous répond sans hésitation que le choix était impossible, que chaque pièce qu’il conçoit est une partie de lui. C’est une personne qui donne beaucoup de lui et qui aime recevoir en échange.

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Victor

Mireille Supervil

C’est dans son atelier de Treal (56) que nous rencontrons Mireille Supervil.

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Céramiste passionnée et autodidacte, elle nous confie qu’elle s’est mise à son compte en 2009; avec pour le moins un parcours atypique puisque qu’elle s’est lancée dans la poterie à l’âge de 49 ans. D’humeur légère, elle nous explique qu’elle n’a pas passé son bac mais qu’elle possède son bac de lavage (pour laver ses créations). Evidemment, cette petite blague nous fait sourire. Mireille a tout de même passé un an complet pour apprendre le métier de potier.

 

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Arrivée en 2012 à La Gacilly, la céramiste nous apprend qu’en plus de son atelier elle a inauguré sa boutique où elle présente une partie de ses créations. C’est également ici qu’elle réalise partiellement son travail devant les visiteurs. Le reste ça se passe dans son atelier où elle émaille et biscuite ses créations grâce à ses fours imposants.

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Polyvalente, Mireille pratique deux sortes de céramiques (le grès et le raku) et techniques (le modelage et le tournage sur plaque). Elle cherche à multiplier les possibilités de créations, trop heureuse de pouvoir enfin exercer le métier qu’elle adulait depuis son enfance. Ses matières premières proviennent de la nature et elle souligne que grâce à la cuisson des émaux elle peut transformer et redévelopper ce que la nature lui a donné.

 

« Il faut une vie entière pour faire un bon potier. »

 

Pointilleuse, Mireille ne cesse d’évoluer, et relève que chaque année la fréquentation de sa boutique ainsi que sa clientèle augmente. Le Japon est son domaine de prédilection, elle tente d’apporter du renouveau tout en suivant son fil conducteur.

Ce qui n’est pas s’en rappeler que le Japon est le pays invité pour l’édition 2016 du festival photo à la Gacilly. D’ailleurs, la céramiste à pris l’initiative de créer deux dragons japonais en grès. Il leur faut au moins deux mois pour sécher, Mireille espère qu’ils seront prêts à temps et on le lui souhaite !!!!!

Nous remercions Mireille pour ses explications, son thé et sa grande gentillesse. Peut être que nous irons nous essayer au raku avec elle 😉

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Marie

 

Petit lexique pour grands mots
Emailler : mettre de la couleur

Biscuit : première cuisson de la terre cuite entre 800 et 900° sans émaillage.